Législatives 2015: ma petite expérience en tant que président de poste de vote 1


Depuis près d’un mois, les béninois savaient que le 26 avril 2015, ils devront par la voix des urnes désigner leurs représentants à l’hémicycle. Les polémiques de sur ces élections législatives ont battu leur plein sur les réseaux sociaux dans le seul but que ces dernières soient transparentes. Deux semaines ont été accordées aux candidats selon le code électoral, depuis le 10 avril 2015, afin de leur permettre de vanter leur programme politique. Ce 24 avril 2015 minuit, la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) a clôturé les campagnes. Sur la liste électorale, 20 partis et alliances de partis politiques devront s’affronter dans les urnes. Toujours est-il que la CENA a pris ses responsabilités pour organiser ces législatives même s’il y a eu des insuffisances.

J’ai été président de vote pour les législatives.

Vendredi 24 avril 2015, dernier jour pour les campagnes législatives, j’étais au cours. J’assiste un professeur d’Histoire-Géographie dans un collège. Alors que j’étais en plein cours, aux environs de 11h, dring dring dring….mon téléphone sonna. C’était un message de ma soeur me demandant de me rendre de toute urgence à l’arrondissement. Ne sachant pas ce dont il était question, j’ai ignoré le message au profit du cours. Je finis par céder à ses pressions tout en lui demandant ce dont il était question. J’ai décliné la proposition lorsque j’ai sû qu’il s’agissait des agents de vote pour les législatives. Mais pourquoi ne pas y aller? Pourquoi ne pas servir ma patrie? Ces questionnements ne cessèrent de tourbillonner dans ma tête. C’est alors que, par patriotisme, par amour pour ma patrie, je me suis levé et après avoir reçu l’autorisation de mon professeur-tuteur, je sautai sur le premier homme-en-jaune*. Une fois au centre, waoh sacrée affluence! Je couru me mettre dans la queue afin de m’inscrire. L’inscription donnait accès à la salle de formation. L’inscription était fonction du profil du candidat. Ainsi, compte tenu de son profil, le candidat se trouvait soit président de poste de vote soit assesseur. C’est alors que pour le profil BAC+3, je me suis retrouvé président de poste de vote. Après les inscriptions, la formation pouvait alors démarrer.

C’est parti pour la formation.

Assurée par la coordonnatrice d’arrondissement, la formation était plutôt théorique. Elle était centrée sur trois axe.
L’avant scrutin comprenait la réception et la préparation des matériels, l’installation de l’urne scellée et des isoloirs.
Le deuxième axe quant à lui, comprenait le déroulement du scrutin.
Enfin, le dépouillement, le remplissage des documents officiels et le retour des matériels composaient l’après scrutin.
La fin de la formation était sanctionnée par l’identification des postes et centres de poste. C’est ainsi que je me suis retrouvé président du poste de vote 1 du centre de vote CEG Littoral et du quartier Tokplégbé. Dans ma mission, je serai appuyé par deux assesseurs.
La journée du 25 avril 2015 a été couronnée par la remise des isoloirs aux équipes. Ayant été abandonné par mes deux assesseurs, j’ai dû me débrouiller pour les transporter à mon poste de vote et ce, dans mon propre compte. Le transport des équipements a été assuré par les agents eux-même. Transporter deux isoloirs à la fois, n’était pas une chose facile. Néanmoins, il fallait se rendre à 5h du matin au centre le jour du scrutin afin de s’équiper.

Législatives 2015: jour du scrutin

Déjà, connaissant l’atmosphère dans lequel se tiendront les législatives, je me faisais déjà une idée de la lourde responsabilité que je devais assumer en tant que président. Je savais que je devais faire face à une foule de personne, prendre des mesures pour garantir la transparence et le bon déroulement des scrutins dans mon poste de vote. Déjà au centre à 5h10mn, j’ai été sidéré de voir la queue qui s’était déjà formée. Ce qui prouve la volonté manifeste du béninois à ce que ces législatives se tiennent. Après la réception des matériels électoraux, il sonnait aux environs de 06h, mon assesseur et moi avions pris le chemin du centre de vote. Les matériels étaient l’urne scellée et les bulletins de vote. Le déplacement pour notre centre de vote était également à nos propres comptes. Une fois au centre de vote, grande fut notre surprise de voir que les salles de classe qui devaient servir de poste de vote étaient dépourvues d’éclairage. C’est pour ce défaut que le scrutin accusa un retard de dix neuf minutes à mon niveau. Ainsi, le scrutin qui éurne scellée et les bulletins de vote. Le déplacement pour notre centre de vote était également à nos propres comptes. Une fois au centre de vote, grande fut notre surprise de voir que les salles de classe qui devaient servir de poste de vote étaient dépourvues d’éclairage. C’est pour ce défaut que le scrutin qui était prévu pour démarrer à 7 heures, accusa un retard de 19h minutes à mon niveau. Prévu pour durer 9 heures, il devra être clôturé à 16 heures 19h minutes. Très tôt, j’ai pris mes responsabilités en laissant des consignes strictes à mes assesseurs. L’accès au poste de vote se fait sur présentation de la carte d’électeur pour les électeurs. Pour les observateurs, elle se faisait sur présentation d’un badge. Quant aux représentants des divers partis politiques, l’accès à mon bureau de vote leur a été autorisé sur présentation d’un ordre de mission suivie de l’une de leurs pièces d’identité. Ainsi, toute présence dans mon poste de vote était justifiée.
Dans le souci que tout se passe bien pour le mieux de tous, j’ai tenu à instaurer une atmosphère apaisée de parfaite quiétude et de complicité. Je les sollicitais à constater les irrégularités avec moi.
C’est ainsi que tous les représentants des divers partis politiques ont cohabité dans une ambiance de parfaite harmonie et de fraternité. Nous avons plaisanté ensemble, discuté et surtout, leur présence nous a été d’une grande aide. En effet, ils se chargeaient à l’entrée du poste, d’orienter les électeurs vers leur poste de vote respectif. Ils ont constaté avec nous les mesures antifraudes mises en place par la CENA.
En effet, elles sont nombreuses ces mesures. D’abord, chaque bulletin de vote était marqué, au verso, au numéro d’identification du poste de vote. Ensuite, chaque procès verbal devait être rigoureusement rempli et mis dans une enveloppe.
Trois plis devaient être formés et scellés à la cire frappée au sceau de la CENA. La clôture de mon poste de vote s’est effectivement tenu à 16h19 pour raison d’électricité. Commençait donc le moment du dépouillement. Tout s’est bien passé et sans incident majeur. Certes, il y a eu des tensions mais j’ai pu ramener tout le monde à l’ordre afin d’éviter le pire. À la fin, nous nous sommes tous félicités la réussite et le fait de revoir tous les représ

convoyage des urnes à moto

convoyage des urnes à moto

entants rire et échanger en se donnant des tapes amicales, malgré les résultats ne pouvait que me faire plaisir. Après le remplissage des procès-verbaux, les plis furent constitués et les urnes scellées. Bien qu’ayant clôturé le scrutin à 16h19, nous nous sommes fait surprendre par la nuit et nous avions du nous servir du flash de nos téléphones portables. Sur 440 inscrits, seuls 243 ont voté soit un taux de participation de 55,22%. Toutes les urnes furent convoyées au centre d’arrondissement à moto.

Arrivé au centre dans les environs de 20h30, ce n’est qu’à trois heures du matin de ce lundi que j’ai pu quitter le centre pour rentrer chez moi. Depuis 5h, c’est donc à 3h que j’ai pu rentrer chez moi. En somme, pour moi qui était à ma première fois, c’était une sacrée expérience d’avoir été président d’un événement d’envergure nationale.


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