Bénin : comment l’UAC a hypothéqué mon avenir


Quand j’ai eu mon Bac, j’étais très excité à l’idée d’aller à la fac de l’UAC. Mais une fois inscrit, la réalité n’a pas tardé à me présenter ses griffes.

Sitôt mon bac en poche, je me suis décidé à faire face aux difficultés propres aux facultés béninoises. Cependant, je n’ai point cessé de tenir le coup tout en me disant : « Courage frangin, ce n’est que pour un temps« . Tout ceci n’était que méprise de ma part car je ne m’imaginais pas qu’après trois années de dur labeur, de tant d’efforts fournis, mon avenir serait hypothéqué.

Ma première année a été secouée par des mouvements de grèves. Soit disant sans conséquences. En deuxième année, suite au décret rectoral abrogeant la gratuité de la double inscription, l’UAC a été paralysée durant des mois. Plongé dans une parfaite tétraplégie, le campus était devenu l’arène où s’affrontaient forces de l’ordre et manifestants estudiantins. Cette psychose s’était envenimée suite à l’annonce du rectorat encore visant la suppression définitive des sessions de rattrapage. Tout ceci n’a fait que proroger l’année académique en cours jusqu’en septembre 2014. Super génial ! Et pour une fois encore, je me suis donné du courage.

Le paroxysme est atteint

2015, je suis en année de licence, donc en fin de premier cycle universitaire. Tout commence très bien. Le premier semestre s’est bien déroulé et les examens sont derrière mois. Mais au cours du second semestre, les cours ont cessé. Le casus belli : la suppression une fois de plus des sessions de rattrapage à la FLASH, mon département.

Les autorités estudiantines ont alors appelé au boycott des cours et à manifester. Ils sont appuyées par les autorités estudiantines de l’UAC. Ceci étant, l’UAC est paralysée depuis mars 2015. Bientôt près de trois mois sans cours où étudiants et forces de l’ordre s’affrontent sans cesse.

De l’espoir au désespoir

Lors des manifestations les autorités rectorales et les estudiantines n’ont cessé de s’accuser mutuellement d’être hostile aux négociations. Pour les autorités estudiantines, les décisions furent adoptées sans eux. Et puisque tout ce qui est fait pour nous sans nous est contre nous, bonjour les revendications. Les négociations ayant échoué et face aux violences des autorités, il y a donc eu usage de la violence par les forces de l’ordre et étudiants.

Cette dernière a suscité l’intervention de l’autorité de tutelle, l’actuel vice premier Ministre chargé de l’enseignement supérieur François ABIOLA. Celui-ci a tranché en faveur des étudiants. Ce qui donnait une lueur d’espoir à tous puisque l’on se disait que les cours reprendraient. Juste quelques jours après, on a appris qu’un décret départemental serait sorti et suspendrait les cours à la FLASH jusqu’au premier septembre 2015. Et pour couronner le tout, ce mercredi 24 juin 2015, l’UAC a renoué avec les mouvements de grèves, qui auraient pour cause la non signature du décret annulant la suppression des sessions de rattrapage.

Mes regrets

C’est désolant de voir qu’en licence, après des années d’efforts, son avenir soit hypothéqué. J’ai des projets ou du moins j’avais des projets… Seulement voilà, ils se noient dans l’incertitude. Je n’ai même pas encore commencé la rédaction de mon mémoire. J’ignore toujours qui sera mon maître de mémoire jusqu’à présent. Je n’ai que des regrets. Je me demande ce qui m’a bien poussé à m’y aventurer. S

i les cours doivent effectivement reprendre le premier septembre 2015, cela va sans dire que les soutenance seront prévues pour le compte de l’année académique suivante. Pourquoi suis-je venu à la fac ? D’une part, l’Histoire était une discipline enseignée uniquement à la fac. Mais j’aurais pu choisir une formation autre que celles dispensées à la fac de l’UAC. En outre, les remords ne changeront guère les chose. Je suis victime de l’UAC et je ne peux donc que subir tout en espérant un dénouement rapide de la situation. efforts abattus, de voir que son avenir est hypothéqué.

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